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L’Homme qui rit

Un spectacle librement adapté du roman de Victor Hugo

 

Spectacle en création
Tout public — dès 12 ans
Équipe : 5 interprètes

« Le genre humain est une bouche, et j’en suis le cri. »

Présentation du projet

Avec L’Homme qui rit, La Place du Soleil engage une nouvelle création librement adaptée du roman de Victor Hugo.

En Angleterre, au XVIIe siècle, Gwynplaine, enfant mutilé et abandonné lors d’une nuit de tempête, porte sur son visage un rire qui ne lui appartient pas. Il recueille Déa, petite fille aveugle trouvée dans la neige, puis rencontre Ursus, philosophe misanthrope qui les prend sous sa protection. Ensemble, ils forment une famille de fortune, une troupe de saltimbanques, un refuge fragile où la misère n’empêche ni la tendresse ni la poésie.

Mais lorsque la véritable identité de Gwynplaine le rattrape, son monde bascule. De la Green Box aux lieux du pouvoir, le récit fait se rencontrer deux mondes : celui des marges, du théâtre forain, de la survie et de l’entraide ; et celui des héritages, des privilèges, des intrigues et de la domination.

À travers cette fresque sociale et poétique, Victor Hugo interroge la fabrication du monstre, la violence du regard social, les inégalités et la puissance d’une parole capable de dévoiler l’injustice.

Note d’intention

Nous croyons qu’il est nécessaire de traverser aujourd’hui l’écriture de Victor Hugo parce qu’elle continue de regarder notre monde en face.

L’Homme qui rit raconte une histoire ancienne, mais les questions qu’elle soulève demeurent brûlantes : qui fabrique les monstres ? Peut-on s’élever sans se trahir ? Comment une société organise-t-elle l’exclusion, puis transforme celles et ceux qu’elle a blessés en objets de fascination ?

Au cœur du roman, Gwynplaine porte un visage mutilé, un rire imposé, une image qui le précède et l’emprisonne. Il devient attraction, phénomène, corps livré au regard des autres. Mais derrière cette difformité imposée surgit une parole immense : celle d’un être marginalisé qui, en accédant soudain au monde des puissants, révèle la violence du système qui l’a produit.

Face à lui, Déa voit ce que les autres ne savent plus voir : la beauté intérieure, la dignité, la possibilité d’aimer sans réduire l’autre à son apparence. Avec Ursus, ils inventent une famille, une troupe, un théâtre de fortune.

Cette création porte une conviction simple : le théâtre peut rassembler autour de ce qui nous concerne tous, à condition de rester un théâtre de relation. Pour nous, le texte n’est pas seulement une musique : il est une pensée en mouvement, un miroir tendu aux spectateurs.

Avec L’Homme qui rit, nous voulons regarder la misère non comme un accident individuel, mais comme la marque d’une société qui se défait de sa propre solidarité. Le théâtre devient alors un lieu de parole, de mémoire et de transformation.

Démarche artistique

Un théâtre de troupe

Notre adaptation repose sur un travail de troupe porté par cinq interprètes. Ensemble, ils fabriquent le monde du roman avec leurs corps, leurs voix, leurs ombres, leurs déplacements, leur musique et leurs métamorphoses.

Le jeu n’est pas pensé comme une illustration du roman, mais comme une recherche sur les situations. Ce sont les rapports entre les personnages qui font apparaître la pensée de Hugo : rapports de protection, de domination, de désir, de honte, de fascination, de dépendance, de violence ou de tendresse.

Nous cherchons un théâtre vivant, frontal et généreux, où le public voit se fabriquer le récit.

Une dramaturgie de l’ascension et de l’effondrement

L’histoire suit une dramaturgie verticale : le mouvement d’élévation est toujours rattrapé par la chute. Chute sociale, chute morale, chute amoureuse, chute du rêve.

Gwynplaine passe du monde des misérables à celui des puissants, mais cette ascension ressemble à une chute. Déa porte une quête de pureté et d’innocence. Ursus tente d’échapper à sa lucidité par l’amour et la protection. Barkilphedro, Lady Josiane, Lord David et la reine Anne incarnent différents visages du pouvoir, du désir, de l’envie et de la domination.

À travers eux, Hugo fait apparaître une société où les hiérarchies broient les êtres, où les privilèges isolent, et où le rêve d’égalité est sans cesse menacé.

Corps, costumes, maquillage et métamorphoses

Le travail physique des interprètes est central. Chaque personnage possède une manière de se mouvoir, de parler, de respirer, d’habiter le plateau.

Les costumes et le maquillage sont pensés comme des prolongements dramaturgiques des personnages. Ils révèlent les places sociales, les blessures, les mouvements intérieurs et les rapports de pouvoir.

Pour Gwynplaine, la question du visage est centrale. Il ne s’agit pas de fabriquer un effet spectaculaire, mais d’interroger la violence du regard social : comment un visage devient-il une condamnation ? Comment un corps est-il assigné à une image ? Comment survivre lorsque le monde ne voit de nous qu’une surface ?

Scénographie, ombres et musique

La scénographie repose sur un dispositif léger et modulable de toiles, d’ombres et de surfaces de projection. Ces matières deviennent tour à tour abri, voile, mur, linceul, rideau de théâtre, tempête, espace mental ou lieu d’apparition.

Le plateau devient une machine à métamorphoses, capable de faire surgir la mer, la neige, la foire, la chambre des Lords ou l’intériorité des personnages avec peu d’éléments.

La musique live (accordéon, guitare, voix, looper, percussions) accompagne la construction des situations. Elle permet de faire coexister la fête et la menace, le grotesque et le tragique, l’amour et la catastrophe.

Photos de répétition

Recherche au plateau autour des corps, de l'adaptation, des ombres, des toiles et des apparitions.

L’Homme qui rit — résidence de création, Le Labo, Roanne, octobre 2025 

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Photographe : Étienne de Wailly

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Distribution

Adaptation, mise en scène et scénographie : Juliette Gharbi et Lucas Sanchez
Interprétation : Elyssa Leydet Brunel, Juliette Gharbi, Robin Redjadj, Lucas Sanchez et Camille Seitz
Création costumes : Cécile Destouches
Création maquillage et coiffure : Laurette Darnault
Création lumière et régie : Juliette Ringard
Production : La Place du Soleil

Calendrier de création (en cours d'élaboration)

Résidences réalisées

Du 23 au 28 janvier 2023 — La Fabrique, Strasbourg
Du 20 au 31 octobre 2025 — Le Labo, Roanne
Du 22 février au 1er mars 2026 — Le Labo, Roanne
Du 23 au 27 mars 2026 — Théâtre de l’Astronef, Marseille

Action culturelle autour de la création

 

Des ateliers peuvent être proposés en lien direct avec la création de L’Homme qui rit.

Ils invitent les participant·es à découvrir l’œuvre de Victor Hugo par le jeu, le corps, la voix, les ombres et l’imaginaire. Les ateliers permettent d’aborder les grandes questions du projet : le regard social, l’injustice, la dignité, la différence, la parole, la solidarité et la possibilité de transformer une fragilité en puissance poétique.

 

Deux axes peuvent être développés selon les publics :

  • Inventer un personnage avec son corps, son ombre et son imagination, pour les enfants de 6 à 11 ans.

  • La tribune des oubliés : prendre la parole depuis une situation d’injustice, pour les collégiens, lycéens, adultes, seniors ou groupes intergénérationnels.

Ces ateliers sont modulables selon les lieux, les publics et les partenaires.

Accompagner la création

La compagnie recherche des partenaires pour accompagner les prochaines étapes de création : accueils en résidence, coproductions, préachats, sorties de résidence, rencontres avec les publics, ateliers ou temps d’expérimentation artistique.

 

Vous souhaitez suivre le projet, accueillir une étape de travail ou échanger autour d’une future programmation ?

Nous pouvons vous transmettre le dossier de création, les besoins de résidence et les informations nécessaires.


 

Dossier de création disponible sur demande.

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